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Discours
Présentation de la Fête par
Jean-Pol Baras, Président de PAC
Aujourd'hui, nous lançons
une invitation à fêter l'Internet. Les NTIC, ces nouvelles
technologies de l'information et de la communication, ont bouleversé
nos existences, nos habitudes de travail et même nos manières
de penser. L'e-mail que les francophones préfèrent
appeler courriels ou méls, le web, les groupes de discussion,
le "chat" (ce babillard des Québécois) sont
devenus de plus en plus familiers à un nombre de plus importants
de nos concitoyens... mais tous n'ont pas encore accès à
ce réseau des réseaux. Je renvoie les amateurs de
statistiques à l'enquête d'InSites qui dignalait que, comme il y a six mois, 44% des Belges
ont aujourd'hui la possibilité de surfer sur le Net, que
ce soit à domicile, à l'école ou au travail.
Un pourcentage qui stagne et qui inquiète dans une certaine
mesure puisque cette étude signale que 30% des Belges ayant
un accès à l'Internet n'en ont jamais fait usage.
Le but d'une Fête
de l'Internet, ce n'est pas de chanter un hymne aux nouvelles technologies
triomphantes, c'est d'encourager les internautes, amateurs ou professionnels,
à inviter ces non initiés à découvrir
l'Internet. Tout en n'évacuant pas une approche critique
de ce média et tout en proposant de débattre des questions
que pose le développement de l'Internet.
Cette approche de la
Fête n'étonnera pas quand on sait que la coordination
officielle de la Fête de l'Internet belge est assurée
par Présence et Action Culturelles (PAC), une organisation
d'éducation permanente et de promotion socio-culturelle des
travailleurs qui, comme telle, est attentive au développement
d'une citoyenneté critique.
Le
principe
Le principe de la Fête
de l'Internet, c'est aussi celui de l'auberge espagnole! Le succès
d'une Fête de l'Internet viendra de tous ceux qui se mobiliseront
pour proposer une activité, une réflexion.
De l'examen de l'initiative
française, il apparaît clairement que toute une série
d'Intervenants peuvent s'impliquer dans une Fête de l'Internet.
Qu'il s'agisse d'une maison de jeunes qui décide de créer
un cyberespace, d'une école qui met en ligne les travaux
des élèves ou organise un jumelage avec une école
étrangère, d'une administration qui ouvre son site
pour se rapprocher de ses administrés, installe des bornes
Internet ou permet d'obtenir des documents en ligne, d'une entreprise
de haute technologie qui ouvre ses portes.
L'énumération
de ces organisateurs potentiels indique bien que la Fête de
l'Internet ne veut négliger aucun public. Si certaines manifestations
seront délibérément tout public, d'autres s'adresseront
à des publics ciblés : enfants, jeunes, femmes, séniors,
animateurs socio-culturels, entrepreneurs,... Ce qui distingue cette
Fête de l'Internet d'autres projets de sensibilisation à
l'Internet, c'est sans doute cette volonté d'être éclectique
et, surtout, de partir des projets que chacun peut porter, à
sa mesure, dans ses limites. En ce sens, c'est une fête qui
se veut "populaire" et veut créer un mouvement
du bas vers le haut et non l'inverse.
Pour aider dans leurs
projets, tous ceux qui voudraient fêter l'Internet, la coordination
a émis un certain nombre de suggestions d'action et proposé
différents thèmes de débat mais, évidemment,
chacun est libre d'"inventer" son activité, les
principales limites étant celles de l'imagination! Nous n'insisterons
jamais assez : la coordination soutient les initiatives en leur
donnant une plus grande visibilité mais toutes ces initiatives
gardent toute leur indépendance et seront conçues
par les uns et les autres en fonction de leurs spécificités.
Nous avons souhaité
également interpeller les responsables publics au niveau
fédéral, communautaire francophone, régional
wallon et bruxellois. De plus en plus de Ministres ont un regard
sur l'Internet, soit parce qu'ils ont des compétences en
matière de technologie, soit parce que l'irruption de l'Internet
peut modifier les pratiques des secteurs dont ils ont la charge.
Je pense ici à l'irruption de l'Internet dans les écoles,
les organisations de jeunesse, les centres de jeunes, les musées,
les bibliothèques, les entreprises, les administrations,
etc.
En acceptant de s'associer
à la Fête, en se prêtant à des débats,
à des "chats", en primant des sites, en relayant
l'information dans leurs secteurs de compétence, ces responsables
publics ont marqué leur intérêt et pour cette
Fête et pour les débats que suscitent l'Internet. Je
profite donc de l'occasion pour remercier très sincèrement
les ministres régionaux wallons Marie Arena et Serge Kubla,
les ministres communautaires Françoise Dupuis, Rudy Demotte, Jean-Marc Nollet et le Ministre-Président
Hervé
Hasquin, le
ministre fédéral Charles Picqué et la Vice-Première
Ministre Laurette Onkelinx.
Très
concrètement
Très concrètement,
comment s'associer à la Fête? C'est très simple...
une fois l'activité réfléchie... puisqu'il
suffit de s'inscrire sur le site de la Fête et de s'engager
à respecter une Charte toute simple. La coordination, elle,
met ces évènements Fête de l'Internet en ligne,
en informe les médias et, bien sûr, se met à
la disposition des organisateurs d'activités. Il s'agit parfois
de jouer simplement le rôle de réseau et de mettre
en relation certains organisateurs pour qu'ils développent
des partenariats.
Je voudrais ici vous
présenter les premiers partenaires de la Fête de l'Internet.
En premier lieu, nos
QG de Fête, c'est-à-dire ces lieux qui seront, pendant
les trois jours de fête, ouverts en permanence (puisque la
Fête ne sera pas seulement virtuelle) et où se dérouleront
toute une série d'activités au coeur d'une région.
Ces premiers QG de Fête sont particulièrement intéressants
puisqu'ils témoignent de la variété de ceux
qui s'associent à la Fête. En premier lieu, ce Cybertheatre qui nous accueille aujourd'hui.
Notre deuxième QG de Fête, c'est SOLICI à Flobecq, à l'ouest du Hainaut occidental.
"SOLIdarité et CItoyenneté" est un tout
autre type de structure puisqu'il s'agit d'une coopérative
à finalité sociale qui porte, notamment, une attention
toute particulière à ces publics que sont les seniors,
les malvoyants et aveugles. Troisième QG, encore dans le
Hainaut mais à l'autre bout de la province, c'est Technofutur 3 à l'aéropole
de Gosselies, une association chargée par la Région
wallonne de mettre en oeuvre un projet de sensibilisation, d'information
et de formation dans le domaine des NTC et qui donc, par exemple,
développe des formations à destination des entreprises,
des enseignants, des demandeurs d'emploi.
Parmi les organisateurs
d'activités Fête de l'Internet qui sont d'ailleurs
présentés dans la Fête de l'Internet, on trouve
des organismes très divers :
- le Centre pour l'Egalité
des Chances et de la Lutte contre le Racisme qui se montre préoccupé
par la question de la liberté d'expression sur l'Internet
face à l'émergence de sites néo-nazis,
suprématistes, racistes,... mais constate aussi la constitution
de réseaux antifascistes, antiracistes,...
- le Service d'Information sur
les Etudes et les Professions, organisme pluraliste bien connu des jeunes, qui
accueillera au sein de ses 4 salons de Tournai, Liège,
Namur, La Louvière, des conférences-débats
axés sur l'Internet et notamment sur les formations aux
métiers de l'Internet
- Ener J, centre
de jeunes de Charleroi qui n'a, bien entendu, attendu la Fête
de l'Internet pour développer son espace multimédia
mais qui pourra sans doute, grâce à la Fête,
toucher d'autres publics ou développer des projets exceptionnels
- ReForm,
une organisation de jeunesse qui a mis sur pied le projet "Artistes
des villes, artistes des campagnes" dans la commune hennuyère
de Silly. Avec le Net, les productions de ces artistes des villes
et des campagnes devraient atteindre une autre dimension et
se faire connaître encore plus largement.
- la Carte S qui
publiera, à l'attention de son public de seniors, un
dossier consacré à l'Internet, son vocabulaire,
sa pratique par les seniors et aux sites pour et par les seniors.
Nous sommes également
particulièrement heureux de mentionner ici le partenariat
avec la Ligue des Familles. Il est évident que l'Internet concerne les familles
et suscite nombre de débats entre elles. Les familles seront
notamment très sensibles au débat sur l'accès
à l'Internet comme à d'autres questions de société
soulevées par ce phénomène. La Ligue des Familles
a aussi le privilège d'éditer l'excellent hebdomadaire
Le Ligueur qui sera attentif à ces thèmes de débat
et annoncera les différentes activités qui s'intègrent
dans la Fête de l'Internet.
Enfin, je me dois de
souligner le soutien que nous apportera la RTBF.
Voilà brièvement
tracée la philosophie de cette Fête de l'Internet.
Si nous avons souhaité nous en entretenir avec la presse
à plus de trois mois de la période festive, c'est
qu'il nous paraît important de permettre aux initiateurs locaux
de mettre en place leurs activités. Des initiatives autour
de la Fête de l'Internet peuvent s'intégrer dans le
programme d'une maison de jeunes ou peuvent constituer un moment
fort dans la vie d'une classe mais, pour cela, un temps de préparation
est nécessaire. Des dépliants, des affiches, une lettre d'information électronique, notre site web permettront
d'informer ces artisans de la prochaine Fête de l'Internet.
Jean-Pol
Baras Président de Présence et Action Culturelles
(22 novembre 2000)
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