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Le mot du Ministre Rudy DemotteAujourd'hui, la richesse n'est plus produite exclusivement sur une base matérielle. Dans notre monde, un échange de données informatiques, un service, contient de la valeur ajoutée comme jamais. En ma qualité de Ministre fédéral de l'Economie, le tout premier texte que j'avais fait adopter en octobre 1999 concernait la signature électronique. Ce texte faisait partie d'un vaste plan d'action sur le commerce électronique. J'avais également mis en place un tour de 128 communes du pays pour faire découvrir l'Internet à la population à travers un vaste "roadshow". C'est donc dire si je suis convaincu et impliqué au-delà des mots. Oui, au-delà des mots, car ce que je ne veux absolument pas, ce sont des fossés technologiques à côté des fossés sociaux. Dans le domaine des nouvelles technologies non plus, nous ne pouvons supporter de laisser certains à la traîne. Comment en effet accepter de vivre sans réagir dans une société, ici, en Belgique, où des chiffres alarmants font état de quelque 10 % de gens qui ne savent ni lire, ni écrire?... Dans la société de la connaissance, nous ne pouvons tolérer des infos-riches et des délaissés du savoir. On comprend bien qu'ici aussi, la Communauté française a un rôle à jouer, avec des compétences qui touchent directement au quotidien des gens. Ce qui m'a motivé à soutenir la Fête de l'Internet, c'est, comme l'a dit Jean-Pol Baras, que l'objectif de cette manifestation n'est pas de chanter un hymne aux nouvelles technologies triomphantes, mais d'encourager les internautes, amateurs ou professionnels, à inviter les non-initiés à découvrir l'Internet. Ceci en n'évacuant bien sûr pas une approche critique et en proposant de débattre des questions que pose le développement de l'Internet. C'est ici que l'éducation permanente, l'éveil au sens critique et à la remise en question, a un rôle majeur à jouer. Comme vous le savez, je suis Ministre de la Culture. Mais, pourrait-on penser, qu'est-ce les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont à voir à la culture?... L'informatique envahit notre quotidien. D'abord comme un outil performant dont plus aucune entreprise ou administration ne pourrait se passer. Mais au-delà de cet aspect fonctionnel, s'ouvre à nous, via Internet, un univers nouveau, diversifié, étonnant et même parfois effrayant. C'est petit à petit que tous, nous ouvrons timidement d'abord, maladroitement même et volontiers ensuite les multiples portes de l'information et de la connaissance. Mais soyons prudents, tout semble permis sur le net. Il nous faut donc être vigilants quant à son utilisation et à la défense de valeurs d'humanisme, de démocratie et de tolérance que nous prônons. C'est donc d'un véritable outil culturel que nous parlons quand, comme aujourd'hui, nous lançons une fête de l'Internet. La culture en ligne nous permet de nous interroger sur deux aspects de notre vie qui n'étaient autrefois pas objets de discussion. D'abord, le rapport au réel. Ce que je vois est-il vrai? L'image n'a-t-elle pas été manipulée? Mon interlocuteur est-il réel? Suis-je moi-même réel dans ces échanges immatériels?... D'autre part, le rapport au temps. Le "temps réel" est-il si différent du temps que nous vivons tous? Avons-nous encore suffisamment recul? Les distances existent-elles encore dans un monde instantané? Comme on le voit, Internet nous plonge dans un monde à la fois angoissant et excitant, mettant en jeu notre propre position dans le monde. Aujourd'hui, on trouve de tout sur Internet : du bon et du moins bon, du commerce et de la culture. Cette culture en mutation profonde est le fruit de nouveaux moyens d'expression générant de nouveaux contenus et un "art communicationnel" ou " relationnel ", qui place le rapport à l'autre au centre d'une œuvre sans doute moins compréhensible qu'auparavant car plus mobile, plus " immatérielle ", en évolution. Cette nouvelle culture et ces nouvelles technologies mettent en doute nos certitudes et nos pratiques. Il est donc sain de nous remettre en question, en évitant aussi bien la fascination bêtifiante que la critique conservatrice. Les nouvelles technologies peuvent apporter une culture multiple, transformatrice, nomade, en connexion permanente. Je souhaite que le lien soit plus que jamais opéré entre l'éducation et la culture. Il y a quelques semaines, j'ai inauguré les 3e Rencontres francophones - Nouvelles Technologies et Institutions muséales . Les premières Rencontres avaient eu lieu à Dijon en mars 1998 et à Montréal en septembre 1999. Depuis lors, chacun avait pu faire le constat d'une "montée en puissance" des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans la société en général et dans le secteurs des institutions muséales en particulier. Le récent sommet de Lisbonne a également fixé comme objectif majeur l'instauration de la société de la connaissance. Je considère que la Culture devra être privilégiée dans le suivi concret de ce sommet européen. En ce qui concerne les institutions muséales, les nouvelles technologies permettent de mieux assurer leur mission de mise en valeur de leurs collections et d'amplifier la démarche scientifique qui est la leur. J'introduirai prochainement les nouvelles technologies dans toutes les institutions muséales conventionnées de la Communauté française, pour leur donner ainsi de nouveaux moyens de mise en valeur. Pour conclure, je souhaite un plein succès à cette Fête de l'Internet et j'encourage P.A.C., organisation d'éducation permanente et de promotion socio-culturelle, à continuer à investir dans les nouvelles technologies. Pour démontrer aussi que l'accès aux nouvelles technologies, enjeu capital de la société d'aujourd'hui, a besoin de l'éducation permanente. Rudy Demotte |
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Coordination
: Présence et Action Culturelles (PAC) |
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